banniere pages

1988–1995 — De la matière à l’harmonie

Cette période prolonge la recherche des fondements en déplaçant le regard vers les processus de transformation.
La peinture s’attache désormais à la matière dans sa densité, à l’énergie qui la traverse, aux dynamiques qui la mettent en mouvement, puis aux déséquilibres qui la fragmentent et la recomposent.

L’unité n’est plus pensée comme un principe donné, mais comme un état possible, fragile, issu de tensions, d’interactions et de relations multiples.
Cette phase ouvre un champ plus complexe, où matière, énergie, couleur et structure deviennent indissociables.

Substance primordiale (1988–1989)

La recherche revient à une matière première, dense et matricielle.
Cette substance originelle est envisagée comme un réservoir de potentialités, génératrice de formes et de transformations.
La peinture explore une origine non idéalisée, encore lourde, épaisse, chargée de devenir.

Énergie essentielle primitive (1989)

L’énergie est pensée comme force vitale traversant toute réalité.
Elle n’est plus abstraite, mais perceptible, sensible, presque colorée.
La toile devient le lieu où cette énergie se manifeste, anime la matière et lui donne sa tonalité propre.

Genèse du mouvement (1990)

Le mouvement cesse d’être une conséquence pour devenir un principe fondateur.
La peinture s’attache aux forces à l’œuvre, à leurs directions, à leurs tensions.
Le réel est compris comme dynamique avant d’être forme.

Géométrie de l’espace (1991)

La recherche se structure autour de principes d’organisation.
La géométrie apparaît comme un langage capable de coordonner les phénomènes et d’accéder à la complexité.
L’espace pictural devient un champ ordonné, où relations et structures prennent sens.

Défragmentation (1992)

Les structures établies se fissurent.
Antagonismes, désintégration et annihilation des forces mettent l’unité à l’épreuve.
Cette série explore les moments de rupture, lorsque l’ordre se défait et que la cohérence devient incertaine.

Intrication chromatique (1992–1993)

La couleur n’est plus un attribut, mais une relation.
Elle traduit les liens d’interdépendance entre les particules, les forces et les formes.
La peinture devient vibratoire, fondée sur l’interaction plutôt que sur la séparation.

Matière et particules corrosives (1992–1993)

La matière est soumise à l’altération.
Réactions, érosion et destructions progressives révèlent des transformations lentes, internes, irréversibles.
La peinture s’attache aux tensions invisibles qui modifient la structure de l’intérieur.

Un univers granulaire (1993–1994)

Le réel apparaît comme un tissu de relations fines et multiples.
Forces de contact et milieux interstitiels agissent conjointement.
La peinture explore un monde fragmenté, mais profondément interactif.

Harmonie des mondes (1995)

Cette série envisage l’harmonie comme un état vibratoire.
L’univers est pensé comme une composition, où des éléments multiples — à l’image de huit notes — peuvent former une unité cohérente.
Cette harmonie n’est pas une conclusion, mais une hypothèse : celle d’un accord possible entre pluralité et unité.