1981–1987 — Aux sources d’un principe
Cette première période correspond à une phase de recherche fondamentale.
La peinture ne cherche pas encore une forme stabilisée, mais interroge les conditions mêmes de l’apparition : comment quelque chose advient, comment une organisation peut émerger du chaos, comment un principe invisible peut structurer le visible.
Le travail pictural s’élabore autour de notions telles que l’élément, l’unité, l’origine, la matière et l’ordre.
Chaque série constitue une tentative de compréhension — non pas au sens scientifique strict, mais comme une exploration sensible des forces premières qui gouvernent la réalité.
Ces œuvres posent les fondations conceptuelles et plastiques d’une recherche qui se développera sur les décennies suivantes.
À la recherche d’un élément (1983–1984)
Cette série inaugure la quête d’un principe fondateur encore indéterminé.
La peinture oscille entre séparation et tentative d’adjointement, entre tension et rapprochement.
L’élément recherché n’est jamais pleinement identifié : il est pressenti, suggéré, mais demeure insaisissable, comme un mystère à l’origine de toute organisation.
Perspective unitaire (1985)
La recherche se concentre sur l’idée d’un point d’unification.
L’espace pictural devient lieu de convergence, où les forces se rassemblent et tendent vers une unité possible.
Cette perspective n’est pas encore une résolution, mais une hypothèse structurante.
Science des origines (1986)
La toile devient champ d’observation.
Des grains de matière s’organisent progressivement, évoquant le passage du chaos à la vie.
Cette série explore les mécanismes de l’émergence : apparition des formes, premières structures, organisation du vivant.
Structures cosmiques (1986)
Ici s’esquisse un premier niveau de structuration plus vaste.
La peinture cherche à définir une trame de l’univers, un ordre sous-jacent capable de soutenir la multiplicité des phénomènes.
L’espace pictural se déploie comme une cartographie primitive du cosmos.
Atomes clandestins (1987)
Cette série s’attache à ce qui échappe au regard immédiat.
La matière est pensée comme subtile, fragmentaire, invisible mais agissante.
Les « atomes » deviennent métaphore de forces discrètes qui conditionnent toute réalité sans jamais se donner pleinement à voir.
Ordre fécond (1987)
L’ordre n’est plus envisagé comme une structure figée, mais comme un principe dynamique.
Il devient source de transformation, porteur de mouvement et de fécondité.
Cette série marque un glissement important : l’ordre n’est plus opposé au chaos, il en est le prolongement actif.